Finir l’année en beauté, avant de rallumer les projecteurs !
- John Vigny
- 23 déc. 2025
- 5 min de lecture
Il y a des moments dans l’année où l’on ressent le besoin de faire une pause. Pas une vraie coupure, plutôt ce moment où l’on s’arrête quelques secondes, où l’on regarde derrière soi pour mesurer le chemin parcouru. Un peu comme à la fin d’un film, juste avant le générique, quand on se dit que l’histoire racontée avait du sens. Cette fin d’année au Studio 88 fait clairement partie de ces moments-là.
Cette année, chargée en émotions et en photos (grâce à vous), se termine avec l’obtention de la qualification European Photographer. Une reconnaissance qui permet de finir l’année en beauté, certes, mais surtout de préparer un vrai renouveau.
Parce que terminer sur une note positive, c’est aussi se donner l’élan nécessaire pour écrire la suite. Et soyons clairs, l’idée n’est absolument pas de couper la caméra ou de baisser le rideau. Bien au contraire.

European Photographer : de quoi parle-t-on vraiment ?
Avant d’entrer dans les coulisses du projet et du travail mis en place pour cette qualification, il faut d’abord expliquer ce qu’est réellement le titre European Photographer, souvent abrégé EP.
Oui, c’est ce nouveau sigle que tu verras bientôt sur la vitrine du studio et qui va me permettre, soyons honnêtes, de me la raconter encore un peu plus pendant quelque temps.
Mais derrière le sigle, il n’y a rien de décoratif. Le titre European Photographer est une qualification européenne qui vise à reconnaître les compétences et le niveau professionnel des photographes qui vivent réellement de la photographie. Pas ceux pour qui c’est un loisir du week-end, mais ceux pour qui c’est un métier à part entière, avec tout ce que cela implique : exigences techniques, contraintes, pression, remises en question permanentes et parfois quelques cheveux blancs en bonus.
Cette qualification repose sur des critères précis. Elle évalue la maîtrise technique, la capacité à construire une image, à gérer la lumière, la composition et à proposer une véritable expression artistique. Les images doivent être cohérentes, réfléchies et abouties. Dit autrement, on attend simplement la preuve que l’on sait ce que l’on fait… et que ce n’est pas dû au hasard ou à un coup de chance digne d’une scène ratée sauvée au montage.
Pour constituer le dossier, il faut présenter douze images. Douze images capables de se défendre toutes seules, sans long discours pour expliquer pourquoi elles sont là. Autant dire que la moindre faiblesse se voit immédiatement. Ici, pas d’effets spéciaux pour masquer un scénario bancal. Les images parlent, ou elles se taisent.
Une qualification qui a du sens

Si cette qualification est importante, ce n’est pas uniquement parce qu’elle permet d’ajouter une ligne de plus à un parcours, même si, avouons-le, ça fait toujours plaisir. Elle est surtout importante parce qu’elle impose une vraie remise en question. Elle oblige à regarder son travail avec un œil plus critique, à se demander si ce que l’on produit est réellement à la hauteur de ce que l’on défend, et si l’on est encore fidèle à sa propre vision.
C’est aussi une façon de valider un niveau d’exigence. Pas seulement face à un jury, mais surtout face à soi-même. Continuer à chercher la perfection, même en sachant très bien qu’elle n’existe pas. Continuer à avancer, à apprendre, à affiner son regard. Un peu comme un réalisateur qui, film après film, cherche toujours le plan parfait, même en sachant qu’il tournera encore la scène suivante.
Cette qualification s’inscrit exactement dans cette démarche-là pour moi. Elle marque une transition et un nouvel élan.
Le portrait : simple en apparence, redoutable en pratique
Pour constituer mon dossier European Photographer, suite directe à mon titre de Portraitiste de France 2025, j’ai fait un choix volontaire et assumé : le portrait coloré. Pas le portrait spectaculaire ou démonstratif, mais des portraits en apparence simples. Et c’est précisément là que les choses deviennent intéressantes. Un portrait simple ne laisse aucune place à l’approximation. Il n’y a pas de décor extravagant pour détourner l’attention, pas d’explosion derrière le sujet pour faire oublier une lumière bancale.
Tout repose sur l’essentiel. La lumière, le regard, la posture, l’équilibre général de l’image. Autant dire que la moindre erreur se voit immédiatement. J’ai donc travaillé des éclairages précis, pensés pour mettre en avant le sujet sans jamais le trahir. Le regard a été central dans chaque image, parce que c’est lui qui crée la connexion, celui qui accroche, celui qui fait que l’on reste devant la photo au lieu de passer à la suivante.
J’ai également travaillé avec des gélatines de couleurs pour colorer les fonds. Pas pour suivre une mode ou faire joli, mais pour renforcer l’intention de chaque portrait et, surtout, pour faire ce que j’aime par-dessus tout : travailler la couleur. (La gélatine, plus technique, est surtout moins chère et encombrante que des rouleaux ou toiles de fonds).
Le fond n’est jamais là par hasard. Il est en adéquation avec le sujet, il l’accompagne, il le met en valeur et raconte quelque chose avec lui. Chaque image a été construite avec cette idée en tête, comme un plan soigneusement éclairé sur un plateau de cinéma.
Un projet créatif… et une suite déjà écrite
Ce projet m’a permis de mettre en avant mon savoir-faire technique, mais aussi ma vision actuelle du portrait. Une photographie plus créative, plus affirmée, plus colorée, mais toujours au service de la personne photographiée. L’objectif n’était pas de produire des images parfaites sur le papier (enfin si, quand même), mais des images justes, cohérentes et sincères.
Il reflète aussi cette envie constante d’aller de l’avant. De ne pas répéter indéfiniment les mêmes recettes. De continuer à chercher, à tester, à affiner. Parce qu’en photographie, comme au cinéma, le moment où l’on pense avoir tout compris est souvent celui où le film commence à perdre son intérêt.
D’ailleurs, pour la petite histoire, ce n’est pas ce dossier que je comptais présenter au départ. Un autre projet existait déjà, tout aussi coloré. Après l’avoir montré à quelques amis photographes, il m’a été conseillé de garder le fruit de ce projet sous le coude pour le QEP, Qualified European Photographer, l’étape suivante. Le dossier est prêt, les tirages aussi. Il ne reste plus qu’à l’envoyer et à attendre patiemment le verdict dans six à huit mois, c’est long. Très long. Presque une trilogie (ça le sera seulement après l'obtention du MasterQEP, mais on est sur une autre histoire...).
Et concrètement, pour toi ?
Pour toi, ça ne change rien… enfin presque.
Cette qualification garantit une chose simple : lorsque tu viens au Studio 88, ton image est pensée, travaillée et prise au sérieux. Chaque séance est abordée avec exigence, précision et cette envie constante de faire mieux que la fois précédente. En poussant la porte du studio, tu sais que tu repars avec des images de haute qualité, construites avec soin.
Et surtout, il est tout à fait possible de créer ce type de portraits lors des séances au studio. Les idées les plus créatives sont les bienvenues, vraiment. Les envies différentes aussi. Ici, on aime réfléchir ensemble, tester, jouer avec la lumière et les couleurs, et parfois sortir volontairement des sentiers battus. D’ailleurs, je suis déjà en train de préparer quelques idées farfelues et complètement inédites. Du jamais vu. Mais ça, je t’en parlerai très bientôt.
Si tu as envie d’un portrait qui te ressemble vraiment, ou au contraire d’explorer quelque chose de totalement nouveau, c’est exactement pour ça que le studio existe. Et cette fin d’année, finie en beauté, n’est finalement qu’un point de départ.




























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