J'ai créé le logiciel que je rêvais d'avoir. Et je vais te le donner.
- John Vigny
- il y a 7 heures
- 9 min de lecture
Il y a des projets qui naissent d'une longue réflexion et qui s'adaptent au cheminement et au parcours d'une personne (ici je parle bien entendu de moi). Des projets qui sont construits dans la durée faisant suite à une multitude de questionnements, d'essais, de temps… et qui en moins de 15 jours passent à l'état de néant parce que quelqu'un a décidé de vous salir.
Cette histoire que je vais te raconter ici pourrait tenir l'intrigue de 6 saisons d'une série. Alors tiens-toi prêt, prends un paquet de bonbons ou un sachet de pop-corn et savoure ta lecture.

Saison 1 : Avant même le studio.
Février 2024 - Planète Terre - Multiverse 2409
Je suis en plein dans les papiers de la création de mon studio et je m'inscris à un syndicat de photographe. Dans un premier temps car je souhaite participer au Portraitiste de France mais aussi pour développer mon réseau professionnel en faisant la connaissance de confrères. Les valeurs que prône cette fédération sont les miennes.
Je suis en formation. "Le marketing de l'émotion" avec Bernard Audry. Je n'ai pas encore de studio — j'attends les accords financiers, je suis en suspens — mais je suis déjà en train de réfléchir à comment je vais travailler avec mes futurs clients. Cette formation tombe parfaitement pour moi, c'est un exemple de maîtrise.
Et c'est là que je découvre une façon de faire que je ne connaissais pas : présenter les photos au client en séance de visionnage. L'accompagner. Lui montrer ses images sur son mur, dans son salon. L'aider à choisir, à commander, à ressentir avant d'acheter.
Pour aider le client dans ce processus, il existe un logiciel : il s'appelle ProSelect et il a un certain coût. Et à ce moment-là, je n'ai pas les finances pour l'acheter — je n'ai même pas encore ouvert mon studio (et ce n'est pas ma priorité).
Je note. Je range. Je passe à autre chose. Et j'ouvre enfin mon studio. Champagne.
Saison 2 : Octobre 2024. Le studio ouvre.
J'essaie d'appliquer ce que j'ai appris en formation. Mais sans le logiciel.
Alors je jongle.
J'utilise alors un logiciel pour créer mes diaporamas. Un autre pour afficher les photos depuis mes galeries. Un troisième pour simuler les tirages sur les murs des clients. Un quatrième pour mon catalogue produit. Un cinquième pour les factures…
C'est vraiment du bricolage.
Ça fonctionne. À peu près. Mais c'est bancal, chronophage, et franchement pas à la hauteur de ce que je veux proposer.
Je retourne me renseigner pour la solution déjà existante mais les prix ont augmenté, même si je tourne bien, ma première année au studio n'est pas celle que j'avais rêvé — je décide de ne pas investir. Un ami photographe me pousse pourtant à prendre la licence, mais rien n'y fait, ce n'est pas le moment.
Saison 3 : Janvier 2026. L'IA change tout.
Avec l'avènement de l'IA et les possibilités de création que ça ouvre, je décide de passer à l'étape suivante pour améliorer mon workflow de travail et me focaliser sur ce qui compte vraiment pour moi : photographier (jusqu'à présent mon activité de photographe se limite à 15% de mon activité, le reste n'est autre que de la gestion).
Je commence à coder — ou c'est ChatGPT qui le fait pour moi, puis Claude. Mais vu que je m'investis dans tout ce que je fais, je lui demande de m'apprendre et de comprendre ce que je fais, ce que j'entre dans toutes ces lignes dignes d'un bon Matrix. Et je commence modestement : une roulette pour faire gagner des lots à mes clients. Un petit outil. Une expérimentation. Et tu as sans doute fait partie de ceux qui ont pu la faire tourner.
Cette expérimentation me prouve quelque chose d'important : je suis capable de créer des outils qui fonctionnent vraiment. Des outils sur mesure, taillés pour MON workflow.
Alors l'idée germe. Puis elle prend forme.
Et si je construisais ma propre version de ProSelect ?
Mon ami photographe m'incite toujours à acheter la licence (je commence à croire qu'il a des actions chez le développeur américain). Je lui réponds que je suis en train de construire le mien.
Saison 4 : Ma vision de la chose.
Avant de me lancer à corps perdu dans du codage interminable, je mets tout sur la table et je réfléchis à une logique de production, ma logique, celle que je pense être la meilleure pour moi. J'ai donc besoin :
— d'un module diaporama pour présenter les images avec émotion
— d'une galerie pour sélectionner les photos préférées de mon client
— d'une simulation murale pour projeter les tirages dans l'environnement de mes clients
— d'un catalogue de produits avec les formats, tailles, matières et tarifs des produits que je propose
— d'un panier et bon de commande pour finaliser la vente en séance
L'idée était simple : créer un outil qui transforme la séance de visionnage en une expérience d'achat naturelle, fluide, et émotionnelle. Parce que c'est dans cet instant — quand le client voit ses photos pour la première fois — que tout se joue.
Je commence à coder tout cela et la magie opère. Tout prend vie. La vision que j'en ai est là devant moi.
D'ailleurs, ça sera son nom : VISION. Ma vision mais aussi celui des films Marvel, celui qui sait tout, qui peut tout faire, qui réalise l'impensable, celui qui sauve des vies… il va sauver la mienne et celles des confrères photographes… Et puis c'est surtout un logiciel de visionnage…
Je suis trop fier de ce que j'ai commencé à faire et en début du mois d'avril je poste une capture d'écran en story Instagram et j'annonce que je me lance dans un projet de grande envergure.
Les photos présentes sur ces captures d'écran sont issues de mon dossier QEP que j'ai eut l'honneur de recevoir il y a quelques jours. Les évènements récents m'ont forcés à décaler la rédaction de cet article là.
Saison 5 : Je parle un peu trop.
Depuis le début de l'année 2026, je suis pleinement actif pour la profession et comme à mon habitude, je m'investit à fond. ON me propose un rôle important — j'accepte volontiers (spoiler alert : c'est ce même ON qui va me trahir dans la saison finale).
Notre histoire arrive au 18 mai, journée organisé chez un confrère avec qui on va parler de la pérennité de son studio. Il nous explique ce qu'il fait, son parcours, les leviers qu'il met en place pour faire grandir et évoluer son studio. C'est très instructif, enrichissant. On bascule sur l'IA, il l'utilise énormément au quotidien, il nous montre des outils qu'il a créés grâce à l'IA pour générer (entre autres) ses posts Instagram. C'est bien fait. Et ça ouvre la discussion sur ce qu'on peut faire avec ces technologies.
C'est à cet instant que j'aurais dû la fermer. Mais malheureusement pour moi ce ne sera pas le cas.
Je prends la parole. Et je dis à ON, qui est également présent, qu'on peut aller bien plus loin. Que j'ai créé mon propre logiciel de visionnage, que je l'ai déjà utilisé en conditions réelles avec mes clients…
Je lui en parle avec enthousiasme. Naturellement. Comme on partage une bonne nouvelle entre confrères.
J'observe sa réaction, je vois ses yeux s'écarquiller. ON note quelques mots dans son calepin. Oui, tu la vois venir l'entourloupe… moi non. C'est avec le recul que j'ai pu analyser cette situation, je n'y ai pas vraiment prêté attention sur le moment.
Saison 6 : La trahison.
Douze jours après. Le 30 mai. Gare de Lyon à Paris.
Je suis attendu à la capitale pour une réunion importante. ON y est aussi.
On se retrouve sur le quai de la gare, et à peine arrivés, juste après s'être poliment salués :
« Je viens de créer mon propre ProSelect et je vais le vendre… » dit ON avec enthousiasme.
Autour de moi tout ralentit, je ne réagis plus, je suis pris au dépourvu, je ne sais pas quoi dire, je suis immobile comme un lapin pris dans les phares d'une voiture, sans réaction. Il sait que ça va être fatal pour lui mais il s'arrête, prêt — même — à se jeter sous les roues (c'est ce que j'ai fait). Je suis sûr que tu l'imagines très bien cette scène… évidemment ça ne s'est pas passé vraiment comme ça, les gens autour de moi n'ont pas marché au ralenti — surtout à Paris, la ville où tout le monde est beaucoup trop pressé — mais c'est de cette façon que je l'aurais mis en image si j'avais réellement dû réaliser cette série…
Je ne sais pas quoi dire.
Alors je fais ce qu'on fait quand on est déstabilisé et qu'on essaie de reprendre pied : de la merde…
J'énumère. Je lui liste TOUT ce que j'ai intégré dans VISION. Le module diaporama. La galerie. La simulation murale. Le panier. Le catalogue… Je lui parle des mois de travail.
Je lui dis tout ça pour que ON comprenne. Pour qu'il / elle comprenne qu'il / elle / iel vient de me copier, de mettre en place ce que je lui ai dit, dans un cadre de confiance, il y a à peine quelques jours…
Mais rien n'y fait, au contraire. Une joute verbale s'instaure, c'est un dialogue de sourds, on joue à celui qui aura la plus grosse…
Saison 7 : L'autorité et le pouvoir.
Oui, je rajoute encore une saison. Je n'ai plus le budget pour le tournage mais j'ai encore des choses à dire et évidemment l'histoire ne s'arrête pas là.
Luke a perdu sa main, trahi par celui qui vient de lui annoncer qu'il est son père… avant de se ressaisir et poursuivre son aventure. (évidemment ON n'est pas ma mère…)
De retour de Paris, ON profite que plusieurs évènements qui se déroulent dans son studio pour faire la propagande de sa création auprès de nombreux confrères. Je l'apprends rapidement car ON publie aussi sur un groupe WhatsApp dédiés à nos confrères. Crée une page Facebook dédiée et rassemble de nombreux grands photographes…
« Un immense bravo pour ton projet »
« Belle initiative… »
« Super comme idée… »
« Une appli bien utile, elle va avoir du succès »
« Super idée, toujours très créative ON »
« Super cette idée, et toute cette préparation, félicitations »
Toute cette préparation ?!?!
Toute cette créativité ?!?
Il aura fallu 15 jours à ON pour créer son produit. 15 jours pour me devancer, pour sortir à la hâte un projet parce que ON a su se rendre compte que c'est quelque chose qui allait fonctionner et grâce auquel elle n'allait pas aider ses confrères mais faire du profit. C'est mon sentiment et mon point de vu, car on décide de se lancer dans un projet de cette envergure, on ne le réalise pas en quelques jours... même si on a la meilleure IA du monde.
J'en parle à mon ami, celui qui voulait que j'achète la licence de ProSelect… et cet ami me dit : « De toute façon avec l'IA, n'importe qui peut le faire… »
Effectivement, n'importe qui peut le faire, mais l'idée initiale ne germe pas d'une réflexion de l'IA, elle naît d'un parcours humain, d'une problématique à laquelle on fait face, d'un élan vers l'avant, de questionnements, de temps passé à faire des choix, à essayer des choses, à se tromper, à recommencer…
Je décide alors de prendre contact avec un autre confrère qui était présent lors de la présentation du logiciel de ON et qui a réagi à sa publication. Je lui parle de ma solution et il me dit : « ça semble être la mode de créer son propre logiciel »
Évidemment, il est surpris — apprendre, en l'espace de trois jours, que deux membres du bureau ont créé exactement le même produit, ça laisse pantois…
Je lui explique toute l'histoire, il me comprend et me soutient. J'ai enfin une épaule sur laquelle me poser.
Et maintenant ?
Je ne suis pas en colère. Enfin si, un peu. Mais je me sens surtout trahi et désemparé.
J'ai donné ma confiance, parlé à cœur ouvert et ce même cœur a été poignardé.
L'histoire est déjà longue, et je ne vais pas ajouter une saison supplémentaire.
Bref.
(Pas de panique Kyan Khojandi, il ne s'agit pas ici d'un plagiat)
Je décide donc de m'éloigner de tout cela. Je n'abandonne rien, je prends du recul, du temps pour moi, pour encaisser, pour me reconstruire différemment, pour avancer sur d'autres projets…
Oui, parce que des projets j'en ai encore plein et je vais les réaliser. Mais cette fois-ci… CHUT… je ferme ma gueule…
Et le positif dans tout ça ?
Parce que oui, mon histoire n'est pas une tragédie. C'est une étape. Un pas de plus vers du meilleur.
On va me critiquer, je sais. Me faire passer pour un imposteur, très certainement. Vouloir me salir, certain ne se gêneront pas. J'en suis conscient, ça m'est égal et je l'assume. Cette histoire aura eu un impact bénéfique, j'ai ouvert les yeux. J'ai grandi. Je ne veux évidemment faire de mal à personne même je sais au fond de moi que ce sera le cas, mais j'estime important et fondamental pour moi, pour mes valeurs, pour ce que je veux représenter de donner ma Vision d'une histoire qui me touche profondément et qui à briser quelque chose en moi.
Et bonne nouvelle :
VISION sera disponible très prochainement en téléchargement libre et gratuit pour tous ceux qui voudront l'obtenir.
Donc, si tu veux être parmi les premiers à y avoir accès, envoie-moi simplement un message. Je te tiendrai informé dès que c'est prêt (ce n'est plus qu'une question de quelques jours/heures).
Parce que la meilleure réponse que je pouvais donner à tout ça, c'était celle-là : rendre VISION accessible à tous, pour avancer et grandir ensemble, pour le bien commun.










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